poésie / musique

Texte, conception et interprétation : Clément Bondu

Composition : Jean-Baptiste Cognet

Musiciens :

Jean-Baptiste Cognet - Guitares, piano

Aëla Gourvennec - Violoncelle
Lydie Lefebvre - Violoncelle
Amandine Robilliard - Violoncelle

Fanny Rivollier - Flûte, synthétiseur
Franck Rossi-Chardonnet - Guitare

François Morel - Basse, synthétiseurs
Yann Sandeau - Batterie

Régie son : Gaspard Charreton - Mathieu Plantevin
Création lumières et régie générale :

Clémentine Pradier

Production : Année Zéro.

Co-production : L'Onde (Vélizy).

Avec l'aide à la création de la DRAC Ile de France, et le soutien de la Comédie de Reims-CDN, du 104-Paris, de la Chartreuse - CNES et de la Spedidam.

 

Le texte et la partition ont bénéficié de l’aide à l’écriture "art lyrique" de la SACD - Beaumarchais en 2016.

Le jeune hommes aux baskets sales (première partie) a été créé le 28 septembre 2016 à La Chartreuse (Villeneuve-lez-Avignon).

Les Adieux (deuxième partie) a été créé le 28 mars 2019 au Théâtre de la Cité internationale (Paris).

Durée :

Le jeune homme aux baskets sales  - 2h

Les Adieux  - 1h30

Intégrale  - 3h50 avec entracte

NOUS QUI AVIONS PERDU LE MONDE

Odyssée contemporaine, portée sur scène par un orchestre de huit musiciens, Nous qui avions perdu le monde est le récit-fleuve d’une quête aux couleurs brutales et désespérées, à la recherche d’une ferveur nouvelle.

Le spectacle est conçu en deux parties distinctes :

1. LE JEUNE HOMME AUX BASKETS SALES (chants I à IV)

Des fantômes des Balkans aux paysages détruits de Palestine, en passant par les villes noires du Nord européen, puis les grands espaces d'Amérique latine, le jeune homme aux baskets sales se fait l'héritier de Rimbaud, de Cendrars, de Kerouac, poète-voyageur désirant se réconcilier avec le sens du possible. Sensations vives, bribes de souvenirs, visions d'été... De ces errances, les images défilent, dessinant à travers les villes, les pays, une cartographie singulière.

2. LES ADIEUX (chants V à VIII)

Confronté à l'Histoire, le jeune homme aux baskets sales continue sa quête à travers les continents, à la recherche du « lieu acceptable ». Face au paysage des villes du XXIème siècle, dédiées au capitalisme mondial, le voyage se fait peu à peu archéologie de la mémoire, hantée par les souvenirs du communisme, de la Russie à Cuba, en passant par la Chine, les États-Unis, le Mexique, le Vietnam, la Mongolie, et jusqu'à Zanzibar. Mais le voyage lui-même finit par se dissoudre, dans la nuit de l'Europe... comme un appel secret à la désertion.

« 

Nous qui avions perdu le monde : quatre heures de musique et de poésie qui ne peuvent laisser indifférent. À en juger cette première partie, l’odyssée promet effectivement d’être une expérience inoubliable. Entre orchestre rock et ensemble pop de chambre, la partition, jouée sur scène par neuf musiciens talentueux, est parfaitement adaptée à ce récit initiatique, une quête fervente aux envolées lyriques. L’inspiration est de haute volée, l’interprétation débridée et l’énergie contagieuse. Une belle façon de se réapproprier le monde par le langage et la musique qui donne aux utopistes l’envie d’en découdre pour assouvir leur soif de liberté et de paix.

 »

Léna Martinelli, Les Trois coups, 04/10/2016

1. Le jeune homme aux baskets sales

CHANT I

ERRANCES

CHANT III

ÉQUATEUR

CHANT II

NORD

CHANT IV

HISTOIRE

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Prochainement
PRESSE

 

Clément Bondu, voyageur crépusculaire

Avec le compositeur Jean-Baptiste Cognet, Clément Bondu, voyageur crépusculaire mène depuis plusieurs années une odyssée musicale sur les dérives, sur les tragédies de notre monde. Sa seconde partie, Les Adieux (Nous qui avions perdu le monde), est la bouleversante quête d’un « lieu acceptable ». Le metteur en scène sera présent cet été au Festival d’Avignon avec les élèves de l’École supérieure d’art dramatique de Paris, et présentera Dévotion, dernière offrande aux dieux morts. Entrer en scène, pour Clément Bondu, ressemble à un exercice d’arrachement. Dans la faible lueur qui éclaire son arrivée dans la pénombre presque totale du plateau, tout dans ses gestes lents, dans sa manière d’investir seulement le petit espace central où l’appelle un micro, évoque les promenades solitaires qu’il lui a fallu interrompre pour arriver là. Pour venir se dresser face à nous et parler. Pour décrire une traversée des continents dont rien ne dit si elle a vraiment été vécue ou si elle a été rêvée. À moins de lire le dossier du spectacle, où l’artiste dit son besoin, à un moment de sa vie, de partir voir ailleurs si c’était pareil ou différent d’ici. Quitte à se mettre en danger. Ou peut-être, sûrement même, en quête de danger autant que d’espoir. Seconde partie de l’épopée musicale de Clément Bondu et de Jean-Baptiste Cognet, Les Adieux (Nous qui avions perdu le monde) est un poème aux accents de fin du monde. Un oratorio qui, comme L’Avenir créé cette saison aux Plateaux Sauvages, a la majesté déchirante du dernier souffle. Sa grande fragilité, qu’expriment aussi à leur belle manière rock et mélancolique les huit musiciens qui rejoignent Clément Bondu les uns après les autres. À commencer par le compositeur Jean-Baptiste Cognet, dont le piano fait office de paysage. De même que la batterie de Yann Sandeau, la guitare électrique de Franck Rossi-Chardonnet, la basse, la contrebasse et les synthétiseurs de François Morel, la flûte de Fanny Rivollier et enfin les violoncelles d’Elsa Guiet, de Lydie Lefebvre et d’Amandine Robillard. Quasi-immobile, Les Adieux est une parenthèse dans le voyage de Clément Bondu. C’est la preuve que pour l’artiste, qui interrompt un moment son récit pour en formuler l’idée, le monde et la parole sont séparés. Et que si cette dernière peut servir aux hommes, c’est tout au plus pour garder des traces de leurs tentatives, de leurs courses contre l’inévitable qu’ils ont en partage. Glissée discrètement dans ses descriptions de la Russie, de la Chine, du Mexique ou encore de Cuba, qu’il dit « hantées par les souvenirs du communisme », cette réflexion éclaire une chose essentielle dans le travail de Clément Bondu : sa recherche d’un endroit de réparation. Ou du moins d’apaisement des douleurs que suscitent le simple fait d’être en vie. Si certaines étapes de son long parcours poétique peuvent sembler un peu trop frontales dans leur critique de la société de consommation, du spectacle et d’autres désastres, Clément Bondu réussit à ne jamais se faire lanceur d’alerte. Sa prose intemporelle, rimbaldienne, sa voix profonde et pourtant distante, sa présence à la fois très incarnée et tremblante font de sa parole rescapée des bas-fonds un chant du cygne qui semble ne jamais devoir se finir. Et qui, de fait, se poursuit chez l’artiste de création en création. Au point de se réunir en une seule phrase qui peut être, pour celui qui la reçoit, un lieu proche de celui que recherche Clément Bondu. Un espace d’accalmie.

Anaïs Heluin – www.sceneweb.fr

Publié le 31 mars 2019

Poésie : la puissance évocatrice de Clément Bondu


 

Il sera programmé au festival d’Avignon cet été pour un spectacle avec les élèves de l’ESAD, Clément Bondu écrivain, metteur en scène et interprète, nous a récemment hypnotisé avec une création atypique présentée au Théâtre de la Cité internationale  « Les Adieux (nous qui avions perdu le monde) ». La forme est surprenante, un voyage crépusculaire, la quête inassouvie d’un ailleurs fantasmé, sous les traits d’un poème musical aux accents rock. Accompagné au plateau par huit musiciens, la voix posée, le corps chancelant parfois,  Clément Bondu  nous emmène loin, il fait défiler paysages pittoresques et misères du capitalisme charriant avec lui toute la mélancolie du monde. Un spectacle qui marque. Il s’avance lentement et prend place au centre du plateau, entouré d’instruments de musique épars. Dès les premières inflexions de sa voix le spectateur embarque pour un long voyage, une odyssée sublime et triste. Sa voix est grave, profonde et pourtant il nous paraît fragile, un corps droit bien planté dans le sol et une aura presque fantomatique. Le spectacle sera à son image, insaisissable et lourd, quelque chose de tellurique et pourtant profondément ancré dans l’univers de la rêverie. De cet oratorio désordonné jaillit une force intense, renforcée par la présence magnétique de l’orchestre, la musique déboule en secousses, tape au coeur et cloue à la chaise, par vagues elle rythme le phrasé envoûtant de la poésie.  « Les Adieux » est en réalité le second volet de cette quête initiatique aux confins d’un monde globalisé et déshumanisé et l’on pourrait se demander si ce voyage a réellement existé.  A-t-il été rêvé ? Qu’importe tant la prose de Clément Bondu est évocatrice, tant les mots rapportent avec fougue des fragments colorés de souvenirs, des odeurs, des rencontres, des images. D’un pays à un autre, d’un continent à un autre, juste en clignant des cils, le spectateur traverse des frontières nées aux hasard des errances du poète. La collaboration avec Jean-Baptiste Cognet sur la création musicale est une réussite totale, la complémentarité entre les sons et le verbe dessine en filigrane un paysage mouvant et fragile. De cette expérience, car c’en est une, intense et unique, reste longtemps après une sensation indéfinissable, l’impression d’avoir vécu quelque chose de rare, un état proche de la sidération. Nous restons là, foudroyés.

Audrey Jean, www.theatres.com

Publié le 9 avril 2019

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