théâtre / musique

Texte, conception et interprétation : Clément Bondu

Composition et interprétation musicales :

Jean-Baptiste Cognet et Yann Sandeau

Création lumières et régie générale : Nicolas Galland

Régie son : Mathieu Plantevin en alternance avec Gaspard Charreton.

Voix-off : Isabel Aimé Gonzalez Sola

Production : Année Zéro.

Coproduction : L’Onde Théâtre-Centre d’art de Vélizy-Villacoublay.

Avec le soutien de la Ville de Paris, de la Spedidam, de l'Adami, des Plateaux Sauvages, de Montévidéo-Marseille, et du TNG de Lyon.

Texte lauréat de l’aide à la création ARTCENA, « dramaturgies plurielles » en 2017.

L’auteur a bénéficié d’une résidence d’écriture de trois mois à Madrid en partenariat avec la Ville de Paris et l’Institut Français de Madrid (2017).

L’auteur est en résidence aux Plateaux sauvages (Paris) entre 2017 et 2019.

Créé le 1er octobre 2018 aux Plateaux Sauvages (Paris).

Durée : 1h

L'AVENIR

Poème aux accents prophétiques et d’un lyrisme noir, l'Avenir raconte l’errance des « Nouveaux Tsiganes », réfugiés d'un genre nouveau, forcés de poursuivre un voyage sans fin à travers les décombres d'une Europe dévastée. Égarés au milieu de paysages déserts, au hasard des contrôles et des frontières, et jusqu'à la mystérieuse chambre 411 d'un hôtel soviétique désaffecté, le narrateur nous raconte leur exode, témoignage des inquiétudes de son temps à l'usage des générations futures. Une expérience magnétique, confinant à l’hypnose.

PROCHAINEment

Les 7, 8, 9, 11, 12, 18 et 19 novembre 2019

Théâtre de la Cité internationale

PARIS

PRESSE
 
" RÉVÉLATION "

Le milieu théâtral ne l’aura pas vu venir. Avant de venir créer aux Plateaux Sauvages une performance crépusculaire autour de son poème dramatique L’Avenir, Clément Bondu a en effet surtout évolué dans la sphère musicale, avec son groupe Memorial* et sa compagnie Année Zéro. Les occasions de le découvrir en 2019 ne manqueront pas..."
Palmarès 2018 Scènesweb - Anaïs Heluin

 

L'Avenir, oratorio d'un ange déchu

Accompagné des musiciens Yann Sandeau et Jean-Baptiste Cognet, Clément Bondu crée autour de son poème dramatique L’Avenir une performance au charme crépusculaire. Un puissant chant romantique d’après la catastrophe. D’après l’Europe. Tandis que Clément Bondu s’avance jusqu’à la terre répandue sur scène, qu’il s’arrête près de quelques écrans diffusant une lumière grise, brumeuse, une parole métallique s’élève. La terre est à bout de souffle, dit-elle en substance. Trop fatiguée pour supporter encore la course des hommes, leur éternel désir de pouvoir et de progrès. Derrière leurs synthétiseurs et autres machines cachées dans la pénombre, Yann Sandeau et Jean-Baptiste Cognet posent les bases de l’univers électro-rock à la « vitalité désespérée » de leur groupe Memorial* fondé avec Clément Bondu. L’Avenir peut commencer. Pour qui ne connaît pas l’auteur et interprète de cette performance créée aux Plateaux Sauvages où il prépare sa prochaine pièce, Dévotion – avec les élèves de la promotion 2019 de l’ESAD -- , sa voix est une première surprise. Soulignés par la furieuse mélancolie de la musique et par les belles lumières à l’agressivité agonisante de Nicolas Galland, le corps frêle et le visage angélique de l’artiste, son air tombé du ciel, cachent en effet un timbre d’une étonnante profondeur. Un troublant détachement. Ses mots ne sont pas moins inattendus : « … nous étions partis pour de bon / abandonnées les rues que nous connaissions / depuis toujours / les places à l’ombre des cafés / délabrées par la lumière d’août / et notre jeunesse en allée avec nos souvenirs / la ville que nous aimions », commence-t-il, toujours rivé à sa terre d’où émergent des éclats dorés. Comme dans la fresque musicale Nous qui avions perdu le monde, qu’il déploie depuis plusieurs années avec Memorial* et la plupart des mises en scène, films et performances musicales qu’il crée depuis quatre ans au sein de sa compagnie Année Zéro, le jeune auteur puise pour dire L’Avenir dans des courants littéraires d’hier qu’il met au diapason d’aujourd’hui.Son art de l’actualisation poétique, Clément Bondu le met au service d’une analyse politique sans concession. Sur la face d’un monde peuplé de « milliers de fantômes / partisans fugitifs / indigents & chômeurs / réfugiés / immigrés ou natifs des démocraties » d’une Europe qu’il qualifie par exemple de « déesse putréfiée / aux lèvres infestées de mouches purulentes », il verse une poésie lyrique aux accents rimbaldiens. Sa langue ciselée, ses images pleines de ruines et de paysages dévastés décrivent un voyage comme on en trouve dans bien des dystopies. Dans Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley par exemple, dont les Sauvages que rencontre le personnage principal au terme de sa fuite font penser aux « Nouveaux Tsiganes » de L’Avenir. Des « bohémiens d’un genre nouveau » qui, dit Clément Bondu, « nous voyant ainsi perdus & désarmés / nous emmenèrent avec eux ». Bien que statique ou presque, c’est une épopée que scande Clément Bondu. De la gare d’Austerlitz à des contrées lointaines et anonymes – seule Lampedusa, cimetière « d’oiseaux difformes / aux plumes gorgées de pétrole / reliques imputrescibles de cartes mères / cadavres de poissons gonflés / de puces électroniques (…), est nommée – , son oratorio qu’il place dans le sillage de Howl d’Allen Ginsberg et de La Terre vaine de T.S. Eliot traverse les tragédies de notre époque sans verser dans l’apitoiement. Avec une élégance et une âpreté proche de celle de La Jetée de Chris Marker. Autre référence de Clément Bondu, d’autant plus pertinente que l’origine de L’Avenir vient d’une série de photographies prises par l’auteur. Projetées sur les écrans, ces images proches de l’univers post-apocalyptique de Tarkovski complètent subtilement le voyage qui se poursuivra en haut lieu. Car, après Nous qui avions perdu le monde, c’est au Théâtre de la Cité internationale en juin que l’on pourra découvrir Dévotion. Une « pièce dédiée aux héros ratés du XXIe siècle, aux révoltes, aux amours, aux illusions perdues ».

4 octobre 2018

Anaïs Heluin, SCENEWEB.FR

 

« L’avenir » de Clément Bondu : ville morte, Europe aux yeux tristes

De son triste poème L'avenir, Clément Bondu fait palpiter les mots, la musique, la brume et les images d'une fin à venir. Celle de l'Europe, celle du vivant. Esseulés, ses " Nouveaux Tsiganes" évoquent avec ironie l'errance annoncée. Il faut écouter et voir ce poème d'un jeune homme qui fait de l'espérance un souvenir amer. Jusqu'au 12 octobre aux Plateaux Sauvages à Paris. Au sol, dans une brume dorée, trois écrans éclairent en noir et blanc de leurs mouvements oscillatoires. Offrant leurs reflets à la pénombre, gisent dans le sable noir des bouteilles en plastique. Dans cet environnement de fin du monde, deux musiciens se propulsent de part et d’autre de la scène. Au centre apparaît le visage éclairé de Clément Bondu, son jeune corps longiligne se fondant dans l’épaisseur de la lumière. De ses mots chuchotés, scandés, incarnés, le poète fait se profiler une Europe anéantie d’où émergent les « Nouveaux Tsiganes », condamnés à une déambulation désespérée et infinie. On entend « le début de l’exode urbain la nouvelle transhumance de l’humanité » sinuant dans des paysages anéantis sans doute par une catastrophe climatique. Figurant l'impression de cet abandon, des images en noir et blanc défilent lentement sur les écrans. Au fil du poème, depuis la mystérieuse chambre 411 surgit la nostalgie d’un passé révolu, l'évocation d’un vivant anéanti. Le poème aurait pu s’intituler Les désastres, en référence à ceux dessinés par Goya. Clément Bondu l’a nommé L’avenir, assumant l’annonce d’une sinistre prophétie, accompagné sur scène par la musique électronique de Yann Sandeau et Jean-Baptiste Cognet. C’est aux Plateaux Sauvages, où l’écrivain est en résidence, qu’a été conçue cette performance théâtrale. Elle se joue dans la salle modulable des Plateaux Sauvages à Paris du 1er au 12 octobre 2018, puis le 24 novembre 2018 au Théâtre Sorano de Toulouse, et du 5 au 9 février 2019 au Théâtre de l’Élysée à Lyon.

5 octobre 2018

Véronique Giraud, NAJA 21

Sauvé des eaux troubles d'une planète à l'agonie

" Après Lou Wenzel et Olivier Balazuc avec Max Gericke ou du pareille au même, c’est au jeune et talentueux, Clément Bondu d’inaugurer les plâtres des Plateaux Sauvages. Alors qu’il répète L’Avenir, pièce qu’il a écrite et présente pour une dizaine de dates du 1er au 12 octobre 2018, il a accepté d’ouvrir les portes du studio pour un premier filage. La salle est vide. Sur le plateau, le comédien se tient debout entouré de deux musiciens. Quelques techniciens s’installent çà et là sur les gradins amovibles pour les derniers réglages. Le noir se fait. Une voix microtée dont les graves ont été exagérés rompt le silence et entame une litanie « techno ». Les mots semblent sortis d’outre-tombe. Histoire d’anticipation, futur proche apocalyptique, le jeune homme, presque immobile, conte un drame écologique. Paris n’est plus. Il faut évacuer. La ville est devenue hostile, inhabitable. La musique techno, les lumières aveuglantes finissent de nous plonger au cœur de ce drame humain, de cet exil obligatoire. Vision sombre, funeste, Clément Bondu, vêtu d’un blouson de cuir marron élimé, scande sa prose. Son corps vibre au rythme des beats, des ponctuations de cette cantate mortifère. Sorte de Cassandre des temps à venir, le jeune auteur, enfermé dans un rectangle que dessine des néons, tente de retrouver, malgré les interdits, son amour perdu au détour d’une rue. Imposant une ambiance digne d’un concert électro, qui n’est pas sans rappeler le travail artistique de Julien Gosselin, il réveille nos consciences. Peut-être n’est-il pas trop tard ? Peut-être peut-on encore inverser la vapeur toxique, qui envahit le plateau ? Cri de vie, ode à la nature, il se rêve tel un Nouveau Tsigane, un migrant à rebours qui quitterait l’ancienne terre promise, maintenant ravagée, l’Europe, pour se retrouver à Lampedusa attendant d’être accueilli par ces contrées que fuient actuellement par milliers des hommes, des femmes, des enfants qui craignent pour leur vie. En signant un texte éminemment poétique et politique, le jeune trentenaire questionne l’avenir, secoue nos certitudes et nous entraîne, porté par son chant fait de répétitions, de songes noirs, fantasmagoriques, dans son foisonnant imaginaire, dans une transe hypnotique... Curieux, le regard brillant, il habite son texte et lui donne vie avec une grande énergie.  Par sa gentillesse, son optimisme, son intelligence du monde, des choses, Clément Bondu séduit, envoûte. Après quelques réglages, cet artiste à suivre qui en a sous le capot prend le temps de parler de ses projets, notamment de Dévotion, la pièce à 14 personnages qu’il prépare avec les élèves de la promotion 2019 de l’ESAD (École Supérieure d’Art Dramatique de la Ville de Paris), de ses autres envies. Alors, tout comme moi, rendez-vous chambre 411, lieu singulier, chimérique, situé entre un hôtel soviétique désaffecté et les Plateaux Sauvages où notre héros romantique a posé un temps ses valises, et laissez-vous embarquer dans ce voyage autant noir qu’empli d’espoir."


3 octobre 2018

Reportage réalisé par Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

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